Si la paix est une volonté des hommes et des femmes, le Liban traversé par des décennies de violences continue à être le lieu-refuge d’expériences du vivre ensemble interculturelles et inter-religieuses qui défient les bombes et les divisions. Pour preuve, la conférence organisée conjointement par l’Oeuvre d’Orient et le CCIC le 27 mai a fait entendre des paroles d’espérance.
Il faut dire que les intervenants de la table ronde intitulée DIALOGUES EN SITUATION DE CONFLIT AU LIBAN apportait un souffle d’optimisme par la grâce de l’engagement humain des acteurs locaux mis à l’honneur.
Racha OMEYRI, coordinatrice régionale pour l’objectif Développement durable auprès du bureau régional de l’Unesco a souligné la permanence de l’engagement des institutions internationales partenaires et les états ou monarchies de la zone MONA sur le terrain éducatif. Malgré la reprise d’une situation de guerre, le Liban ne baisse pas les bras et celà doit se poursuivre fut en l’occurrence le fond de son propos.
La Professeur Nayla Tabbara a exprimé tout le potentiel de développement et les actes de résistance que fédère la fondation Adyan qu’elle a fondée avec des membres chrétiens et musulmans ( www.adyanfoundation.org). Cette enseignante et théologienne musulmane, coprésidente de Religions pour la Paix et membre du conseil consultatif du Royal Institute for Interfaith Studies en Jordanie prône une approche de l’altérité par la reconnaissance des domaines de convergences entre religions présentes dans le puzzle libanais. Sa vision d’une paix possible se fonde sur l’éducation à la liberté de religion et de conviction.
Le témoignage concret du Père Jean-Pierre Karam a confronté l’auditoire aux réalités objectives du vivre-ensemble. Ce jeune directeur du collège Cadmous (Tyr- Sud Liban) met l’écoute de la religion de chacun au cœur des programmes enseignés. Le calendrier éducatif part du principe qu’il faut connaître le sens des fêtes liturgiques de chaque communauté de fidèles présentés dans son établissement, sachant que cet établissement catholique accueille 70% d’élèves de confession musulmane. Cette ouverture a été corroborée par le témoignage d’un élève en classe de 2nde.
Pour le directeur du bureau de l’Oeuvre d’Orient au Liban, Vincent Gelot, ce panorama dessiné par les intervenant-es est la clé de voûte de la résistance profonde du pays contre tout ce qui menace en permanence sa dislocation.


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